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Quelques textes

Depuis de nombreuses années maintenant, le chien à l’instar d’autres animaux inspire les artistes, peintres, sculpteurs etc ... Mais aussi et surtout les poètes et les écrivains. (Souvenons-nous de Colette et ses bouledogues). Une façon de rendre hommage à l'ami fidèle, à sa beauté et à sa fidélité.

Les textes qui suivent ont été trouvés sur le web, certains dans des recueils. Le nom des auteurs est donné quand cela est possible de le faire (beaucoup d'entre eux sont hélas anonymes). Émouvants, parfois drôles, certains engagés dans la lutte animale, la liste n'est pas exhaustive, et si vous connaissez un texte, ou désirez en publier un, vous pouvez me contacter par mail, pour me le faire savoir.

Bonne lecture !

Le pont de l'arc en ciel

Tout juste à coté du paradis, il existe un endroit qui s'appelle le Pont De L'Arc En Ciel.

Lorsqu'un animal, qui a été particulièrement proche d'une personne dans notre monde, meurt, cet animal se retrouve au Pont De L'Arc En Ciel. Là, il y a des prés et des collines pour tous nos amis spéciaux, afin qu'ils puissent jouer et courir ensemble.

Il y a amplement de nourriture, d'eau et de soleil pour que nos amis aient bien chaud et soient confortables.

Tout ceux qui étaient malades et vieux, retrouvent leur santé et leur vigueur; ceux qui étaient blessés ou estropiés, sont de nouveau forts et agiles, tout comme on se souvient d'eux dans nos rêves des jours passés. Les animaux sont contents et heureux, sauf pour un détail; ils s'ennuient d'une personne très spéciale, une personne qui est demeurée derrière.

Ils courent et jouent ensemble, mais vient un jour lorsque l'un d'entre eux s'arrête soudainement et regarde vers l'horizon. Ses yeux sont brillants et ardents; son corps impatient commence à frémir. Soudainement, il se détache du groupe, courant à toute vitesse au dessus l'herbe verte, de plus en plus vite. Tu as été repéré, et au moment où tu es finalement réuni avec ton ami si spécial, vous vous tenez en une union joyeuse, pour ne plus jamais être séparés l'un de l'autre. Les baisers heureux abondent sur ton visage; tes mains caressent cette tête tellement aimée, et tu regardes une fois de plus dans ces yeux pleins de confiance, ces yeux depuis si longtemps disparus de ta vie, mais qui n'ont jamais quitté ton cœur. Et puis, ensemble, vous traversez le Pont De L'Arc En Ciel...

"Auteur Inconnu"

Traduction par Johanne Valuquette et Robert Servranckx

13 Juin 1997


Quand le temps viendra

Si arrive le moment où je deviens frêle et faible
Et que la douleur m’empêche de dormir
Alors fais ce qui doit être fait
La dernière bataille ne peut être gagnée.

Tu seras triste, je comprends
Mais ne laisse pas le chagrin t’arrêter.
Pour ce jour, plus que tous les autres
Ton amour et ton amitié doivent supporter l’épreuve.

Nous avons eu tellement de belles années
Tu ne voudrais pas me voir souffrir davantage.
Quand le temps viendra, s’il te plait laisse-moi partir.
Emmène-moi où quelqu’un prendra soin de moi
Et reste avec moi jusqu’à la fin.

Tiens-moi très fort et parle-moi
Jusqu’à ce que mes yeux ne voient plus.
Je sais qu’avec le temps tu seras d’accord
Que c’est une bonté que tu m’as fait.

Bien que ma queue ait branlé pour la dernière fois
Tu m’as sauvé de la misère et de la souffrance
N’aie pas de peine
Que ce soit toi qui a dû prendre cette décision
Nous étions très proches pendant toutes ces années
Ne te laisse surtout pas envahir par le chagrin.

...ton copain à 4 pattes
qui te remercie de lui avoir offert une si belle vie !

Testament de Charlemagne

À mon maître, à ma maîtresse :

Le fardeau de mes ans et de mes infirmités me pèse lourdement, et je sais ma fin prochaine. C'est pourquoi moi, Charlemagne Monette, (communément appelé Charlot par mes parents, amis et connaissances), dépose en secret dans l'âme de mes deux grands amis, mon maître et ma maîtresse, mon testament.

J'ai peu de biens matériels à léguer. Les chiens sont plus sages que les hommes. Ils n'attachent pas grand prix aux choses de la terre. Je n'ai aucun bien précieux à transmettre, si ce n'est mon affection et ma fidélité. Je les lègue à tous ceux qui m'ont aimé; qui je le sais, me regretteront le plus, à Richard et Lison; à Elisabeth et Marianne qui ont été si bons pour moi. Peut-être ai-je tort de m'enorgueillir, mais j'ai toujours été un chien extrêmement affectueux.

Je demande à Richard et Lison de toujours se souvenir de moi, mais de ne pas me pleurer trop longtemps. Au cours de mon existence, j'ai essayé de les réconforter dans la peine et de leur apporter un surcroît de joie dans le bonheur. Il m'est pénible de penser que, même dans la mort, je pourrais leur causer du chagrin. Je les prie de ne pas oublier qu'à leur tendresse et à leur sollicitude je dois d'avoir été le plus heureux des chiens.

Mais maintenant me voici devenu pratiquement aveugle, sourd et j'ai de très gros problèmes de dentition m'empêchant de manger; ainsi ma fierté a fait place à une humiliation qui me déroute. Je sens que la vie me reproche d'avoir trop prolongé la fête. Je dois faire mes adieux avant de devenir un poids insupportable pour moi et pour ceux qui m'ont donné leur affection. Il me sera douloureux de les quitter, mais pas de mourir.

Contrairement aux hommes les chiens ne redoutent pas la mort. Que se passe-t-il après? Nul ne le sait. En tout cas, je suis au moins sûr de trouver la paix et un long repos pour mon vieux cœur las, ma vieille tête, mes vieux membres ainsi qu'un sommeil éternel dans cette terre que j'ai tant aimée. Il est un dernier vœu que je formule en toute sincérité. J'ai entendu ma maîtresse, dire: "Quand Charlemagne mourra, nous n'aurons jamais plus de chien. Je l'aime tellement que je ne pourrai plus en aimer un autre." Maintenant pour l'amour de moi, je lui demande de revenir sur sa décision. Ce serait un bien piètre tribut à ma mémoire que de ne jamais plus avoir de chien. Je voudrais tant garder le sentiment que, maintenant que j'ai fait partie de la famille, il lui est désormais impossible de vivre sans la compagnie du meilleur ami de l'homme! Je n'ai jamais été exclusif ni jaloux. J'ai toujours soutenu que la plupart de mes congénères sont bons (même ma co-locataire, une chatte... Mistou, à qui j'ai quelques fois autorisé à partager mon lit avec moi. J'ai toléré son amitié dans un esprit de générosité et, dans mes rares moments de sentimentalité, je lui ai même rendu un peu la pareille).

Aussi je conseille à ma maîtresse de choisir un autre chien à son goût pour me succéder. Il pourra difficilement être aussi bien élevé, aussi poli, aussi distingué et aussi beau que je fus dans ma jeunesse. Mais, je suis sûr qu'il fera de son mieux et aussi que ses défauts inévitables contribueront, par contraste, à perpétuer mon souvenir. Je lui lègue mon collier, ma laisse, mon lit, mon ensemble de Noël.

Un dernier mot à Lison, Richard, Elisabeth et Marianne. Chaque fois que vous penserez à moi : dites-vous avec regret, mais aussi avec bonheur, en vous rappelant ma longue vie à vos côtés : "Charlemagne était un être qui nous aimait et que nous aimions." Si profond que soit mon sommeil, je vous entendrai, et tout le pouvoir de la mort n'empêchera pas mon âme de chien d'agiter la queue avec reconnaissance.

Charlemagne Monette
Votre chien fidèle qui veillera toujours sur vous.

Traduction française d'un texte d'Eugene O'Neil à la mort de son chien en 1940.

Le paradis des chiens

Savais-tu qu'il y a un paradis pour les chiens ?
Et oui, dans une autre dimension, dans le monde astral,
il y a un nid rempli d'amour et douillet pour nous.

Il y a des balles à profusion, des os à enterrer,
des montagnes de boulettes de viande,
il n'y a pas de laisse,
et surtout... Il n'y a pas de chats...

Je suis bien où je suis.
Je suis bien entouré(e).

Toutes les caresses, toutes les tendres attentions
que tu m'as offertes, je les ai apportées avec moi.

La plus importante des choses que tu dois savoir,
c'est qu'il y a une ouverture dans les nuages
d'où je peux te voir. C'est comme si tu étais avec moi.
D'ici, je peux prendre soin de toi en pensée.
Il m'est impossible de t'oublier, ton image et ta
gentillesse sont gravées dans mon cœur de pitou.

Si un matin, tu te réveilles avec un sourire aux
lèvres et un jappement dans les oreilles,
c'est que je t'aurai rendu une petite visite
dans tes songes.

Merci pour ton amour.
Je t'aimerai éternellement!
Ton pitou xxxxxxxxxxxx

Comment est-ce possible ?

Quand j'étais un chiot, je vous ai amusés avec mes cabrioles et je vous ai fait rire. Vous m'avez appelé votre enfant, et en dépit de plusieurs chaussures mâchées et quelques oreillers assassinés, je suis devenu votre meilleur ami.

Mon éducation a pris un peu plus longtemps que prévu, parce que vous étiez terriblement occupés, mais nous y avons travaillé ensemble. Je me souviens de ces nuits où je fouinais dans le lit et écoutais tes confidences et rêves secrets, et je croyais que la vie ne pourrait pas être plus parfaite.

Nous sommes allés pour de longues promenades et courses dans le parc, promenades de voiture, arrêts pour de la crème glacée ( j'ai seulement eu le cornet parce que " la glace est mauvaise pour les chiens," comme tu disais), et je faisais de longues siestes au soleil en attendant que tu rentres à la maison.

Progressivement, tu as commencé à passer plus de temps au travail et tu t'es concentré sur ta carrière, puis tu as passé du temps à chercher un compagnon humain. Je t'ai attendu patiemment, je t'ai consolé après chaque déchirement de cœur et déceptions, je ne t'ai jamais réprimandé au sujet de mauvaises décisions, et je me suis ébattu avec joie lors de tes retours au foyer, et puis tu es tombé amoureux.

Elle, maintenant ta femme, n'est pas une « personne-chien », mais je l'ai accueillie dans notre maison, j'ai essayé de lui montrer de l'affection, et je lui ai obéi. J'étais heureux parce que tu étais heureux.

Ensuite les bébés humains sont arrivés et j'ai partagé votre excitation. J'étais fasciné par leur couleur rose, leur odeur, et je voulais les pouponner aussi. Seulement vous vous êtes inquiétés que je puisse les blesser, et j'ai passé la plupart de mon temps banni dans une autre pièce, ou dans une niche. Oh, comme je voulais les aimer, mais je suis devenu un "prisonnier de l'amour".

Quand ils ont commencé à grandir, je suis devenu leur ami. Ils se sont accrochés à ma fourrure et se sont levés sur leurs jambes branlantes, ont poussé leurs doigts dans mes yeux, fouillé mes oreilles, et m'ont donné des baisers sur le nez. J'aimais tout d'eux, et leurs caresses, parce que les tiennes étaient maintenant si peu fréquentes, et je les aurais défendus avec ma vie si besoin était. J'allais dans leur lit et écoutais leurs soucis et rêves secrets, et ensemble nous attendions le son de ta voiture dans l'allée.

Il y eut un temps, quand les autres te demandaient si tu avais un chien et qu'ils te demandaient une photo de moi, tu en avais toujours une à leur montrer dans ton portefeuille, et tu leur racontais des histoires à mon propos. Ces dernières années tu répondais juste " oui " et tu changeais de sujet. Je suis passé du statut de " ton chien " à " seulement un chien, " et vous vous êtes offensés de chaque dépense pour moi.

Maintenant, vous avez une nouvelle occasion de carrière dans une autre ville, et vous allez déménager dans un appartement qui n'autorise pas d'animaux familiers. Tu as fait le bon choix pour ta " famille ", mais il y eut un temps où j'étais ta seule famille.

J'étais excité par la promenade en voiture jusqu'à ce que nous arrivions au refuge pour animaux. Cela sentait les chiens et chats, la peur, le désespoir. Tu as rempli la paperasserie et tu as dit :

" - Je sais que vous trouverez une bonne maison pour lui ".

Ils ont haussé les épaules et vous ont jeté un regard attristé. Ils comprennent la réalité qui fait face à un chien entre deux âges, même un avec " des papiers ". Tu as dû forcer les doigts de ton fils pour les détacher de mon col et il criait :

" - Non, Papa! S'il vous plaît ne les laissez pas prendre mon chien !"

Et je me suis inquiété pour lui. Quelles leçons lui avez-vous apprises à l'instant, au sujet de l'amitié et la loyauté, au sujet de l'amour et de la responsabilité, et au sujet du respect pour toute vie ?

Tu m'as donné un « au revoir-caresse » sur la tête, tu as évité mes yeux, et tu as refusé de prendre mon collier avec vous.

Après votre départ, les deux gentilles dames ont dit que vous saviez probablement au sujet de votre départ il y a de cela plusieurs mois et rien fait pour me trouver une autre bonne maison. Elles ont secoué leur tête et ont dit : " Comment est-ce possible ?"

Ils sont aussi attentifs à nous ici dans le refuge que leurs programmes chargés ne le leur permet. Ils nous nourrissent, bien sûr, mais j'ai perdu l'appétit il y a plusieurs jours.

Au début, chaque fois que quelqu'un passait près de ma cage, je me dépêchais en espérant que c'était toi, que tu avais changé d'avis, que c'était juste un mauvais rêve. ou j'espérais tout au moins que ça soit quelqu'un qui se soucie de moi et qui pourrait me sauver. Quand je me suis rendu compte que je ne pourrais pas rivaliser avec les autres chiots qui folâtraient pour attirer l'attention, je me suis retiré dans un coin de la cage et j'ai attendu.

J'ai entendu ses pas quand elle s'est approchée. Elle m'a placé sur la table et a frotté mes oreilles, et m'a dit de ne pas m 'inquiéter. Mon cœur battait d'anticipation à ce qui était à venir, mais il y avait aussi un sentiment de soulagement. Elle a placé une chaîne doucement autour de ma patte de devant et une larme a roulé sur sa joue. J'ai léché sa main de la même façon que je te consolais il y a tant d'années. Elle a glissé l'aiguille hypodermique habilement dans ma veine.

Quand j'ai senti le dard et les liquides se répandre à travers mon corps, je me suis assoupi, l'ai examinée de mes gentils yeux et ai murmuré " Comment as-tu pu ? "

Peut-être parce qu'elle comprenait mon langage, elle a dit " je suis si désolée". Elle m'a étreint, et m'a expliqué précipitamment que c'était son travail de s'assurer que j'aille à une meilleure place où je ne serais pas ignoré ou abusé ou abandonné, ou j'aurais à pourvoir moi-même à mes besoins, une place remplie d'amour et de lumière très différente de cet endroit. Et avec mes dernières énergies, j'ai essayé de me transporter jusqu'à elle et lui expliquer avec un coup sourd de ma queue que mon " Comment as-tu pu? " n'était pas dirigé contre elle. C'était à toi, mon maître bien-aimé, que je pensais.

Je penserai à toi et t'attendrai à jamais.

Puisse tout le monde dans ta vie continuer à te montrer autant de loyauté.

Jim Willis



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